On en parle

Tabou en régression mais précarité en augmentation

De nombreux articles sont parus sur le "tabou des jumeaux" appelé "Fady", qui consiste à rejeter les jumeaux de peur de malédictions. Ce tabou, à l'origine de la création du CATJA à Mananjary, est en régression et la plupart des jumeaux peuvent désormais être élevés dans leurs propres familles, au même titre que les autres enfants. Cependant, ces naissances gémellaires peuvent entraîner des problèmes financiers, matériels et d'organisation pour les parents qui confient alors leurs jumeaux au CATJA, soit temporairement soit pour adoption, le Centre étant un orphelinat agréé par le ministère de la population malgache.

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Association humanitaire suisse d'entraide à Madagascar

Vérène, Présidente de l'association, a visité le CATJA en novembre 2019. " Nous avons été touchés par cette structure et son organisation, et leur avons apporté un peu d'aide matérielle " nous a-t-elle confié. Elle a écrit un article sur le site internet Madagascoeur dans lequel elle cite les Amis du CATJA.

Revue La Cause des Mômes, 2015 :

Les jumeaux, parias de Mananjary

Les responsables du CATJA ont été chassés à plusieurs reprises par leurs voisins qui craignaient d’être frappés par la malédiction à cause du vent qui soufflait sur leur maison. Depuis, le centre CATJA est établi sur un terrain de plus de 4 hectares situé à l’écart de la ville de Mananjary et a accueilli près de 600 enfants. 

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Trois cents jumeaux ont déjà fait l’objet d’une adoption, principalement à l’international, car les jumeaux Antambahoaka sont difficilement acceptés localement. Le centre accueille aujourd’hui 74 enfants, des jumeaux, mais aussi des enfants handicapés ou abandonnés par des familles en grande détresse.
Outre l’hébergement, la nourriture et les soins qui leur sont apportés, les pensionnaires sont scolarisés et bénéficient d’une formation professionnelle jusqu’à leur insertion sociale et professionnelle. 

L’adoption, notamment internationale, n’a pas entamé le lien entre Julie et les enfants qu’elle a sauvés, bien au contraire. Les enfants adoptés à Madagascar par des familles étrangères conservent la nationalité malgache ce qui permet à ceux qui le souhaitent de rester en contact avec leur pays natal. Devenus grands, certains décident de retourner à Madagascar pour découvrir leurs origines. Les retrouvailles avec leurs familles biologiques ne sont pas toujours possibles ni simples car appartenant à l’ethnie antambahoaka, ils sont toujours rejetés par leur communauté, mais retrouver Julie, leur « maman de cœur » qui a accompagné leurs premiers pas dans la vie participe certainement à leur reconstruction. 

du CATJA, les abandons sont plus "encadrés ". Le retour des jumeaux dans leur village d'origine pour y vivre reste exceptionnel, même si depuis quelques années les visites des enfants à leurs parents biologiques se multiplient.

Le centre bénéficie désormais d'un véritable réseau de sages femmes et de religieuses, en ville et surtout en brousse où les mentalités sont encore plus fermées. Les équipes du CATJA assurent aussi le travail administratif pour faciliter les adoptions et garder des traces des parents ayant abandonné leurs enfants.

Publication de l'association

AGIR AVEC MADAGASCAR, 2015 :

Les jumeaux interdits de Madagascar

"Nous avons adopté deux enfants il y a trois ans, mais le petit garçon est mort au bout d'une semaine, il avait été abandonné dans la forêt sans nourriture", raconte une mère adoptive malgache en visite au centre d'accueil et de transit des jumeaux abandonnés (CATJA) de Mananjary. Créée en 1984, cette structure a accompli un énorme travail. Plus de 400 enfants sont passés par le centre et de très nombreux jumeaux ont été adoptés dans le monde entier. Grâce au dévouement des membres

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Actualités de l'association IRIN, 2011 :

Le « tabou sur les jumeaux » divise une communauté


Depuis son ouverture, le centre a organisé l’adoption de 300 paires de jumeaux, mais il a dû faire face à un durcissement des règles d’adoption, les autorités souhaitant mettre fin au trafic d’enfants. Aujourd’hui, avec 96 enfants, la capacité d’accueil du centre est dépassée : des enfants des rues y ont trouvé refuge, ainsi que des mères célibataires qui y travaillent pour couvrir leurs frais d’hébergement et de nourriture.
À Mananjary, où vivent quelque 27 000 habitants, il est de plus en plus fréquent de voir des parents garder leurs jumeaux, mais beaucoup suivent toujours la tradition et les comportements des habitants des villages voisins n’ont pas beaucoup évolué.

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Dossier UNICEF, 2010 :

Les Jumeaux de Madagascar,

entre abandon et protection

On recense à Mananjary deux centres d’accueil en activité, qui portent assistance aux jumeaux abandonnés par leur famille biologique.

Le centre CATJA a été créé le 27 juillet 1987 dans le fokontany de Marofinaritra par feu Auguste Tsimindramana. Depuis son décès, sa femme Julie Rasoarimanana dirige le centre. Elle est antambahoaka par son père. Bien qu’elle ait eu la bénédiction de sa famille (tsodrano tao anatin’ny fianakaviambe), elle ne doit pas fréquenter son Trañobe (la maison royale ou maison sacrée), car elle s’occupe des jumeaux abandonnés.

A l’origine, le Centre n’était destiné qu’à accueillir les enfants jumeaux abandonnés, mais par la suite, il a recueilli les orphelins, les handicapés et les

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enfants de familles pauvres. Le but du Centre est de rendre leurs droits à ces enfants rejetés et ostracisés par la communauté (hanome sy hanatanteraka amin’ireo zaza lavina sy tsy tian’ny fiarahamonina ny zo tokony hananan’izy ireo). Le Centre ne peut supporter que cinquante pensionnaires, mais devant le nombre grandissant d’enfants abandonnés, il compte améliorer ses capacités d’accueil. Les activités du Centre sont financées par des paroisses amies, par des personnes de bonne volonté résidant à Madagascar, par l’association des parents étrangers ayant adopté les enfants du Centre et par le parrainage des enfants du Centre organisé par ces familles adoptives résidant à l’étranger.

Le Monde Afrique, 2008 :

Les jumeaux maudits de Mananjary

Pour que les chefs Antambahoaka n'aient jamais à croiser les petits damnés, un orphelinat a été bâti au-delà des eaux saumâtres du canal des Pangalanes. C'était en 1987. Auguste Simintramana, un chrétien étranger à ce territoire, prit l'initiative de fonder le Catja, l'un des deux orphelinats de la ville. On lui attribua un curieux terrain couvert de plantes grasses. Un sage de Mananjary, du haut de son 4×4, se souvient de l'odeur pestilentielle que cette "forêt" de népenthes exhalait à l"époque. Au fond de leur urne, ces plantes carnivores digéraient lentement les cadavres d'insectes et d'oisillons.

Aujourd'hui, une distance demeure entre les pensionnaires et la ville. Loin des bâtisses coloniales aux façades vermoulues, trois bâtiments propres, construits de plain-pied, abritent les quatre-vingt-cinq résidents, dont vingt jumeaux. La pouponnière du Catja est une pièce simple et chaleureuse.
Au centre, quatre jumeaux de 10 mois, garçons et filles, tournicotent sur une mélodie égrenée par une berceuse électrique. Quelques peluches élimées sont posées aux coins des lits. 

La directrice, Julie Rasoarimanana - la veuve d'Auguste Simintramana -, ne s'inquiète pas pour l'avenir de Dina et Diari : "Ils seront rapidement adoptés, mais pas dans une famille Antambahoaka."

Lonely planet Madagascar

Encadré sur le CATJA page 104

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